Attrapés - collés

Parfois, je procrastine (le joli mot !) et pour le faire avec aisance, je me laisse glisser le long de l’ennuie pour enfin me couler dans des fleuves cathodiques. Et là, multi-schizophrénique je deviens vampe, tueur en série, détective dépressive, politicien véreux, amante délaissée, femme au foyer, marin d’eau vive, pétroleuse fatale, vieille lionne, vieux singe, cheval fou, etc.

Tous ces visages masqués par l’émotion, je les vole ! Et pour mieux les vampiriser, je les couche sur le grain noir du papier avec de grasses craies rangées en arc sur la table. Parfois, je force des rencontres, parfois, j’accoquine aux dessins des mots ; ceux des autres ou les miens, selon l’humeur. Parfois, de l’ennuie jaillit le jeux (des couleurs), parfois la violence (du geste), parfois le Je, et toujours comme modèle, le monde vivant, mouvant, émouvant.

Les dessins sont de petits formats (en moyenne 20 cm x 30 cm.